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Editorial

 

L’alliance menacée ?

Il y a des alliances que l’on prépare et celle que l’on subit !
Si dans le jeu démocratique, les partis politiques visent à obtenir la majorité absolue de sièges à l’assemblée nationale et au sénat afin de gouverner efficacement, cet objectif est rarement atteint, en raison sans doute de la multitude de petits partis politiques qui se présentent aux élections.

Aussi, à défaut de  majorité, il n’y a de salut que dans des coalitions,  approche incontournable pour s’assurer le soutien du parlement dans la mise en œuvre d’un programme politique. Ce cas de figure implique toutefois une contrainte: les partis politiques « coalisés »  modifient forcément leur programme respectif afin d’aboutir  à un consensus pouvant permettre de gouverner ensemble.

Depuis 2006, la politique du chef de l’Etat, Joseph Kabila, est soutenue, au parlement, par l’AMP, alliance de la majorité présidentielle, conclue entre le PPRD, parti dont le président de la République est l’initiateur, le PALU et l’Union des Démocrates Mobutistes. L’éclat de cette coalition circonscrit à la fois la composition du gouvernement et les remaniements  qui l’ont affecté.

De l’avis général, cette alliance se porte plutôt pas mal  et n’a pas connu de ratées significatives. Dans ce contexte, chacun des partis politiques coalisés devrait s’approprier le bilan positif de l’exécution progressive des cinq chantiers. Or, le PPRD est étonnamment le seul à tirer son épingle du jeu et ce grâce à sa communication agressive, associant habilement le succès des cinq chantiers au PPRD.  Si l’on ajoute à cela, l’ambition légitime des cadres de ce parti de faire réélire le président Kabila dès le premier tour et d’obtenir 300 sièges à l’assemblée nationale, la question de la survie de l’alliance AMP se pose avec une terrible acuité dans plusieurs rédactions.

Nonobstant le fait que la durée de l’alliance, conclue en 2006, était limitée à la présente législature, il reviendra aux différentes composantes, eu égard aux bastions reconnus traditionnellement à telle ou telle formation et au souci d’éviter un affrontement ridicule entre les partis politiques de la majorité alliés lors des prochaines campagnes électorales,  il conviendra de se demander, dans chaque quartier général, sereinement et en toute conscience, si la majorité actuelle a intérêt à partir divisée lors du premier tour des deux élections, présidentielles et législatives, qui se tiendront le même jour, à savoir le 27 novembre 2011.

Si pour les élections présidentielles, la popularité du chef de l’Etat, découlant de la réalisation de sa politique de cinq chantiers,  fera forcément de lui l’indiscutable favori,  pour ce qui est des élections législatives, la présentation d’une liste unique des partis de la majorité actuelle, a, dans beaucoup de démocraties, était la solution privilégiée pour éviter la déperdition des voix et remporter ainsi un maximum de sièges dès le premier tour.

En tout état de cause, la nécessité de prolonger ou non l’alliance des partis de la majorité pour affronter les prochaines échéances électorales continuera à animer les débats au sein de ces partis. Aussi, à la différence de 2006, l’alliance ne sera pas subie mais programmée.

Jules Kidinda

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