Les Cinq Chantiers de la RDCongo

 Interview

Vital KAMHERE privilégie la voie diplomatique pour mettre fin à la guerre de l’Est.

Interrogé par nos confrères de la télévision France 24 sur la situation de guerre à l’Est de la République Démocratique du Congo entre la rébellion de Laurent Nkunda et l’armée régulière FARDC, Vital Kamerhe, Président de l’assemblée nationale de la RDC, condamne cette guerre qu’il taxe de guerre de convoitises des richesses de la RDC par des pays voisins. Privilégiant la voie diplomatique en vue de mettre fin à cette crise armée, Vital Kamerhe en appel tout de même au déploiement d’une force internationale dans un premier temps. Interview…  
Qui d’après vous finance cette rébellion menée par le Général déchu Laurent Nkunda et pensez vous que  les anciens génocidaires rwandais ont un rôle dans ce conflit ?

 

V.K: je préfère aborder la question autrement, je dirai plutôt, qu’est ce qui serait à la base des guerres à répétition à l’Est de la RDC? C’est une guerre de pillages des ressources naturelles de la RDC.
Les mines sont au Congo et les centres extractions sont contrôlés en grande partie par les ex FAR et les Interhamwe. Mais curieusement le centre d’écoulement c’est au Rwanda. Aujourd’hui le Rwanda est devenu exportateur du Coltan, de la Cassitérite et de l’Or. Cependant, toute la communauté internationale sait que le Rwanda ne possède pas ces richesses là. 


On parle d’une petite lueur d’espoir grâce notamment à l’intervention de l’ONU, de la France et d’autres puissances mondiales, il ya eu  des négociations également avec l’envoi de l’émissaire de l’ONU, M. OBASANJO. On parle du retrait des rebelles, croyez-vous en leur sincérité ?


V.K:
En me référant à l’histoire des guerres en RDC depuis 1998, il a été démontré que quand on laisse les parties en conflits seules, la bonne volonté n’a jamais été de mise. Nous en appelons au déploiement d’une force internationale pour un premier temps.   
Par rapport au retrait des rebelles et au cessez le feu, je dirais que lors des accords de paix de Goma, l’ONU devait convaincre ou contraindre les rebelles à se retirer, il en était de même pour les forces loyalistes. Le but était de permettre  aux humanitaires de faire leur travail et aussi mettre en application le plan de désengagement, brassage  des groupes rebelles et retrait total des groupes engagés dans ce conflit.


Peut-on croire à une négociation aujourd’hui entre les deux parties en conflit et entrevoir une rencontre entre le président KABILA et le chef des rebelles Laurent NKUNDA ?


V.K:
Pour répondre au second volet de la question, nous disons non. Il faudra que les rebelles reconnaissent les institutions de la république afin que nous puissions discuter avec eux à un notre niveau. Ce sont les délégués du gouvernement qui vont discuter et ce,  dans un cadre où il y aura toutes les forces vives de la nation afin de trouver des mécanismes pour ramener la paix.
Cette négociation doit se faire entre  toutes les parties concernées ou impliquées dans la guerre au Kivu. Il s’est avéré que la voie militaire s’est révélée inopérante donc privilégions la voie politique. Avec le Rwanda nous privilégions la voie diplomatique puisqu’ en tant que pays voisins nous sommes appelés à cohabiter jusqu’à la fin du temps, un peu à l’image de la France et de l’Allemagne.


Faudrait –il renforcer les troupes de la MONUC pour mettre fin à ce conflit, sachant également qu’il y avait eu une guerre civile en RDC qui avait fait autant de victimes  et des réfugiés sur les routes ?


V.K :
Je pense que oui et non à la fois puisque les 17 000 hommes de la MONUC et le mandat qu’ils ont, s’ils avaient été déployé plus au Nord Kivu avec un mandat plus dissuasif afin de protéger les populations, je pense qu’on aurait déjà mis fin à cette guerre.
 Le Congo est victime d’une guerre qui n’est pas la sienne et c’est une guerre de convoitise des pays voisins qui sont sans ressources naturelles. Et des millions de congolais en sont aujourd’hui victime.
S’il faut revenir à l’histoire je dirais que le Congo n’était pas impliqué  par ce qui s’était passé au Rwanda en 1994, et qui avait déversé des millions des refugiés au Congo. C’est au nom du droit humanitaire international que nous avons été forcé d’accepter ses refugiés sur notre sol.


Quelle est la situation humanitaire sur terrain depuis la guerre a repris à l’Est de la RDC et combien de personnes sont menacées par cette crise humanitaire ?


Vital  KAMHERE :
La situation sur terrain est catastrophique, déjà avant la dernière offensive nous avions déjà 1000 000 de déplacés et aujourd’hui chiffre à l’appui nous avons près de 1500 000 déplacés. Ce qui aggrave encore plus la situation est que les camps de déplacés sont constamment attaqués.  Ils sont donc dépourvus de toute assistance humanitaire et à ce jour nous comptons le décès de 50 bébés par jour sans compter les femmes violées, les vieillards et les jeunes gens tués lors des affrontements. 
 Il ya plus de 4000 000 de personnes qui vivent dans cette partie du Congo et plus de 1500 000 sont directement menacés par cette guerre et qui vivent dans des situations précaires. C’est la plus grande crise humanitaire actuelle. Il faut donc une mobilisation sincère et de façon appuyée de toute la communauté internationale.
C’est même plus grave que le Darfour, je le dis tout en compatissant avec le peuple du Darfour. Mais ce qui se passe en RDC est nettement supérieur et dramatique sur le plan humanitaire

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