Interview
 ATUNDU LIONGO : « La crise de l’Est, une guerre de convoitise économique des richesses de la RDC».

La crise de l’Est préoccupe au plus haut point tous les fils et filles du pays. ATUNDU LIONGO, ancien diplomate spécialisé dans les questions des Grands Lacs et membre de l’AMP estime que « c’est tout simplement une guerre de convoitise économique des richesses de la RDC, d’un pays que certain estime ne pas être suffisamment peuplé. Subsidiairement, c’est une guerre de leadership dans la sous région ».
Interview…
DCI : Pour la énième fois, la RDC est agressée par la rébellion du CNPD, en complicité avec le Rwanda, comment réagissez-vous ?
ATUNDU LIONGO : Je me sens mobilisé à relever un défi, celui de sauvegarder l’intégrité territoriale de mon pays, de protéger les populations particulièrement dans le théâtre des opérations, de relever le défi de la construction nationale et de la construction de la démocratie. J’ai donc l’impression que c’est une guerre contre le développement la RDC car elle freine la démocratie et la reconstruction de ce pays.
DCI : Certains observateurs parlent d’une guerre de convoitise dans le but de balkaniser la partie Est de la RDC, quelle serait la vrai raison de cette guerre ?
A.L : Sûrement que c'est une guerre de convoitise économique des richesses de la RDC. Subsidiairement, c’est une guerre de leadership dans la sous région. En effet, le président KAGAME du Rwanda estime qu’il serait maître de la sous région des Grands-Lacs.
Dans le souci de balkaniser la RDC, certains congolais comme NKUNDA et les autres ignorent que le pays qu’ils détruisent est le leur et qu’ils tuent même leurs propres compatriotes. Ils oublient que le dialogue qui est garanti par la constitution est la voie réelle vers la paix.

DCI : les Présidents KABILA et KAGAME participent au sommet de Nairobi, pensez-vous que ce sommet pourra résoudre le problème du Congo ?
A.L : Il est rare qu’un sommet de ce genre puisse déboucher sur des solutions concrètes ou sur autre chose que la réaffirmation des principes de bonne volonté.
Ce sommet est une quête de la paix pour les autorités congolaises. Une paix voulue par toutes les couches de la société congolaise qui pensent que cette guerre est une menace et freine la cohésion nationale.
A mon niveau, je félicite donc les deux chefs d’états d’avoir accepté de se rendre à Nairobi puisque c’est un cadre où tous les protagonistes et même la communauté internationale vont réajuster les choses en ce qui concerne la sous-région. Rappelons tout de même que la quête pour la paix a commencé à Sun City, Nairobi, Dar es Salam,…AMANI, …Le dialogue est donc la seule voie pour sortir de la crise.
La communauté internationale doit jouer son rôle de ramener dans la voie de la négociation tous les signataires du programme Amani qui tente de s’y écarter.
DCI : Avec la reprise de la guerre, peut on dire toutes les rencontres organisées pour la paix à l’Est ont failli ?
A.L : l’histoire nous enseigne qu’il n’y a aucun conflit d’envergure qui a abouti en deux ou trois rencontres, c’est à plusieurs round et séquences de négociations. Le plus important est de retenir que ce sommet prouve que le dialogue n’est pas rompu entre les présidents KABILA et KAGAME mais également entre les autres protagonistes. Nairobi va certainement permettre aux protagonistes de restituer le problème dans le contexte actuel, voir les acquis, adapter les moyens tant militaires, politiques que diplomatiques.
DCI : Au cœur de cette crise, un gouvernement a été nommé, va t-il relever le défi ?
A.L : il est trop tôt pour apporter un jugement par rapport au gouvernement MUZITO. Mais les premières déclarations, les premiers déplacements montrent déjà que le premier ministre et son gouvernement sont animés par la volonté de réussir et de rencontrer les aspirations profondes du peuple surtout en rapport avec la paix, la reconstruction et la résolution des problèmes sociaux.
DCI : Barak OBAMA, un noir d’origine Africaine à la maison blanche cela suscite certes de l’espoir pour les Africains, aura-t-il de l’impact sur la crise de l’Est ?
A.L : il est évident que le Président Américain Barak OBAMA et l’administration américaine ont une vision sur la RDC. Je pense qu’étant d’origine africaine, le président OBAMA connait l’importance du Congo et les problèmes qui s’y posent. Ce n’est pas pour rien qu’il y a un membre du gouvernement américain qui est chargé des questions africaines. L’Amérique a donc une vision sur l’Afrique mais le poids et la pondération de nos problèmes dépendent de nôtre influence dans les relations internationales. Et ce, sur les plans économique, du commerce et stratégique.
Propos recueillis par Pathy NKIERI
DCI
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